Face à la répression, ne cédons pas : pour gagner, il faut construire une grève générale ! Pas de retour à la normale à la rentrée, amplifions le mouvement dans nos facs !

Le 1er novembre, 98 délégués de 44 délégations élues en assemblées générales étudiantes se sont réunies à Paris pour la seconde Coordination nationale étudiante.

Malgré le déchaînement des violences policières et les interdictions de manifester, le mouvement a largement passé le cap des vacances : 800 000 manifestants le 24 octobre, 500 000 le 31, dont 250 000 à Paris. Les étudiants et les lycéens étaient en tête de ces manifestations, mais de nombreux travailleurs de tous les secteurs nous ont rejoints, comme cela avait déjà été le cas le 17 octobre. 

Le gouvernement faiblit, mais nous ne nous contenterons pas de miettes

C’est face à cette détermination que le gouvernement a dû faire des annonces pour tenter de casser la mobilisation. Mais ces annonces sont des miettes : « 28 élèves par classe », mais seulement en seconde ; « retrait de Parcoursup », mais son remplacement par un autre outil de sélection ; « création de 15 000 places supplémentaires dans le Supérieur   », quand c’est 400 000 qu’il faudrait ouvrir. Cependant, ces annonces montrent que le gouvernement est en situation de faiblesse. Il faut donc renforcer et élargir le mouvement pour gagner sur nos réelles revendications : la fin de Parcoursup, de Mon Master, du décret “Bienvenue en France”, et de la sélection sociale à l’université, et l’amélioration de nos conditions d’études ! Nous exigeons la gratuité des facs pour toutes et tous ! C’est pourquoi, dès le 3 novembre, nous devons à nouveau nous mettre en grève et en manifestation ! Il ne doit pas y avoir de retour à la normale tant que nous n’aurons pas obtenu satisfaction ! 

Aucun étudiant ne doit être pénalisé de se battre pour ses droits, les cours en distanciel, les fermetures administratives et les examens sont une pression pour nous empêcher de nous mobiliser massivement. Nous exigeons l’annulation de toute épreuve ou examen pendant le semestre qui constituerait une atteinte à notre droit de grève dont nous exigeons également la reconnaissance. Enfin, nous exigeons la validation automatique des examens et partiels finaux du S1 au travers d’une note plancher de minimum 10. Les fermetures administratives et le distanciel sont des outils du gouvernement et des présidences pour casser la grève étudiante, nous dénonçons ces mesures et nous opposons à leur mise en place. 

Nous dénonçons la répression  policière, exigeons la libération de tous les interpellés et l’amnistie de tous les poursuivis. L’Etat cherche à salir le mouvement en voulant nous diviser entre “bons” et “mauvais” manifestants pour justifier d’interdire les manifestations. Mais c’est le gouvernement par sa police qui éborgnent, mutilent, matraquent et intimident la jeunesse qui se bat pour un avenir digne, comme ça a été le cas pour Maël, 16 ans, éborgné le 30 septembre à Tours ou Evan, 15 ans, mutilé à la main par une grenade le 5 octobre à Lens et bien d’autres. La violence c’est les inégalités entre les riches qui engrangent des milliards de bénéfices historiques tous les 6 mois, et les exploités qui n’ont pas les moyens de vivre. Nous ne nous laisserons pas diviser !  

Nous appelons les étudiants mobilisés et toutes les organisations du mouvement social à faire bloc pour combattre les interdictions de manifester et la répression. Nous appelons à contester systématiquement les interdictions de manifester et à les centraliser auprès de la CNE. Donnons-nous les moyens, dans la mesure du rapport de force, d’imposer notre droit de manifester là où nous le voulons. 

Pour gagner, il faut faire jonction avec le monde du travail !

Nos conditions d’études lamentables dans les universités sont le reflet des conditions lamentables de vie et de travail de l’ensemble de la population. Cette société regorge d’inégalités, et l’université ne fait que les reproduire. C’est pour cette raison que de nombreux travailleurs regardent avec sympathie notre mouvement, et souvent nous rejoignent dans les manifs du samedi. Et c’est bien ce dont a peur ce gouvernement ! Plus d’un étudiant sur deux doit travailler pour financer ses études et subvenir à ses besoins, la précarité est de plus en plus brutale. Nous exigeons la mise en place d’une allocation d’autonomie à hauteur de 1300€ par étudiant, la pérennisation du repas à 1 euro et la mise en place d’un congé menstruel.

Un mouvement radical de la jeunesse couplée à une grève générale de l’ensemble des travailleurs, un blocage de l’économie couplé au blocage de nos lieux d’études : c’est comme cela que nous pourrons faire plier le gouvernement, et récupérer l’argent où il se trouve, dans les milliards de bénéfices de Total et autres entreprises du CAC 40 ! Nous pouvons gagner contre la vie chère et gagner des augmentations générales de salaires si les travailleurs nous rejoignent !

C’est pour ces raisons que la date de grève intersectorielle du 5 novembre est si importante : nous avons la possibilité de joindre nos colères dans un seul mouvement, contre le gouvernement ! Alors le 5 novembre, ce doit être un point de départ. Dès maintenant, adressons-nous aux travailleurs, aux salariés, pour les convaincre de nous rejoindre et de continuer après le 5 novembre. Nous appelons à organiser des tractages massifs en direction des secteurs stratégiques de travailleurs et à participer à  des assemblées générales interprofessionnelles partout. Nous appelons à une nouvelle journée d’action le 10 novembre en lien avec la grève générale en Espagne du lendemain, ainsi qu’à rejoindre la mobilisation internationale de jeunesse du 20 novembre et la grève anti-raciste du 27 novembre.

La victoire n’a jamais été aussi proche ! Le gouvernement a peur car il est faible et il est obligé de lâcher des miettes malgré la répression. Alors le 3, le 5 et après, étudiants, lycéens, travailleurs, tous unis, nous pouvons gagner sur l’ensemble de nos revendications ! 

Nous appelons l’ensemble des assemblées générales étudiantes à élire de nouvelles délégations pour la prochaine coordination nationale étudiante qui se tiendra à Lyon le 8 novembre : notre mobilisation nous appartient, nous devons nous organiser. Pour toutes les délégations qui souhaitent participer, contactez le comité de mobilisation par mail : coord.natio.etu.2026@gmail.com

Villes représentées : Angers, Aubervilliers, Besançon, Bordeaux, Cergy, Champs-sur-Marne, Compiègne, Créteil, Fontainebleau, Grenoble, La Rochelle, Le Mans, Lille, Lyon, Marseille, Metz, Montpellier, Nanterre, Nantes, Paris, Rennes, Saclay, Strasbourg, Toulouse, Versailles.