Coupes budgétaires : nous sommes tou·te·s attaqué·e·s à des rythmes différents pourtant nous devons tou·te·s riposter ensemble [Appel de l’AG de Montaigne du 7 avril 2026]

Mobilisés en Assemblées Générales de plusieurs centaines d’étudiant-e-s et personnels depuis plus de deux semaines, en lutte contre les coupes budgétaires et leur application à l’université de Montaigne, nous adressons cet appel national à toutes celles et ceux ciblés à court ou moins court terme par les coupes budgétaires.

À Montaigne, la présidence vient d’envoyer 7 camions de CRS pour expulser une occupation du bâtiment de lettres par des étudiant-e-s mobilisé-e-s. Elle espère peut-être que cela nous fera taire, mais dommage pour elle, nous n’avons pas prévu de lui donner raison ! La mobilisation tient bel et bien, avec une nouvelle AG ce mercredi, et une grève des personnels ce jeudi. Nous sommes déterminés à faire reculer toute suppression de poste, de place, de budget à l’université de Montaigne.

Mais pour mettre un véritable coup d’arrêt aux coupes budgétaires, nous savons aussi qu’il faut s’y mettre tous ensemble, bien au-delà de Montaigne.

De Bordeaux à Strasbourg en passant par Marseille et Paris

Ici, la présidence supprime 12000 heures de cours, l’équivalent de 60 postes d’enseignants à temps plein, et elle ferme déjà des filières et des places. Elle a annoncé la semaine dernière le non-renouvellement de plusieurs dizaines de CDD dans plusieurs services : presque un quart de tous les CDD de l’université sont sur la sellette. Et la présidence parle déjà de supprimer 40000 heures de cours pour la prochaine offre de formation !

À la Sorbonne, la direction multiplie par 16 les frais d’inscription des étudiants étrangers dans le cadre de la sale réforme raciste mal-nommée “Bienvenue en France” qui leur donne cette possibilité. À Strasbourg, l’université exclut de force les étudiants étrangers, pourtant déjà inscrits, qui ne peuvent pas payer cette hausse des frais d’inscription. Les étudiants de Tolbiac se sont d’ailleurs mobilisés en automne dernier contre cette mesure, et ils ont bien raison !

Partout les critères de sélection à l’université se renforcent pour mettre à la porte les étudiants issus des classes populaires. Dans certaines facs, on supprime la compensation ou les rattrapages. Le nombre de “sans-facs”, jeunes qui veulent étudier mais que le système Parcoursup cherche à exclure, augmente. Des personnalités macronistes discutent d’élever les frais d’inscription pour tous, quitte à généraliser avec les banques un système de prêts étudiants. Pour les classes populaires, les portes de l’université se ferment… mais s’ouvrent en grand celles de l’armée, histoire de nous envoyer nous faire laver le crâne par des officiers criards au service de l’impérialisme français, qui chercheront à nous “enseigner” l’obéissance aux patrons de façon générale.

Les coupes budgétaires touchent tous les secteurs : collectivités territoriales, dont le département de Gironde, mais aussi écoles – on parle de 140 fermetures de classes dans le département !, collèges et lycées, et bien sûr la santé. Nous emboîtons le pas aux lycéens et profs de Marseille qui n’ont attendu personne pour se mobiliser contre les suppressions de poste que l’État veut leur imposer.
Nous ne sommes pas tous attaqués au même rythme. Le gouvernement Macron compte sur l’émiettement des luttes et sur notre division pour nous battre les uns après les autres. Mais la logique derrière ces attaques est la même : prendre l’argent utile aux classes populaires, pour le donner à l’armée (57 milliards) et aux grandes entreprises qui licencient (211 milliards).

Après Montaigne, c’est d’autres facs qui verront leurs heures de cours coupées à sec.

S’ils nous attaquent les uns à la suite des autres, c’est qu’ils craignent un mouvement d’ensemble. C’est précisément vers ce mouvement d’ensemble qu’il faut aller !

Présidence, rectorat, gouvernement et patronat : sous la pression ils savent trouver l’argent

À Montaigne, la présidence qui nous jurait qu’il n’y a vraiment plus d’argent explique maintenant sous l’effet de la mobilisation qu’elle pourrait trouver 500 000€ pour reconduire une partie des CDD qu’elle avait prévu de virer. Un petit recul de sa part très loin d’être suffisant. A. Péraud espère peut-être que le déblocage de cet argent calmera la colère des personnels. Au contraire : c’est un appui pour la suite qui montre que sous la pression, ils savent trouver de l’argent !

On nous explique qu’il faut bien appliquer les coupes budgétaires et “alléger le déficit” pour éviter une mise sous tutelle de l’État. Ceux qui agitent cette menace se retrouvent en fait… à appliquer la politique de Macron !
L’argent existe. Pendant que les grands patrons sabrent le champagne, ça devrait être à nous de trinquer ? Pour rappel : un seul Rafale équivaut à l’embauche de 380 profs pour une année !

Si A.Péraud et le rectorat ont trouvé 500 000€ de leur chapeau pour reconduire des CDD, nous irons leur faire trouver le reste nécessaire. Et nationalement, c’est 15 milliards d’euros supplémentaires qu’il faudra faire trouver d’urgence au gouvernement et aux patrons pour embaucher à l’université selon les besoins.

Notre force c’est notre nombre

Rien que la semaine dernière, nous avons été des centaines aux différents rendez-vous de la mobilisation : assemblées générales, manifestations, invasions des bâtiments, pétition, carnaval… Il n’y aura pas de solution en dehors de nos grèves et de nos mobilisations. si nous ne voulons pas nous faire écraser un par un par ces coupes de budget, il faut qu’on se mobilise tous en même temps !
Dans le pays, nous sommes 3 millions d’étudiants, 200 000 employés d’université, et bien au-delà des dizaines de millions à être ciblés par l’austérité. En face, présidences de fac, direction de rectorat, courroies de transmission du gouvernement sont au mieux quelques centaines, et les milliardaires qu’ils servent quelques dizaines. Il faut qu’on se les fasse !

Disons-le d’une même voix : pas une fermeture de poste, pas une fermeture de filière ou de classe, pas un euro en moins pour les budgets utiles à la population !