

Aux explosions guerrières répondent les explosions ouvrières !
Edito du NPA Jeunes Révolutionnaires du 24/06/26
La vague de chaleur ferait presque oublier qu’il n’y pas que le climat qui est chaud : la situation internationale l’est tout autant. Le protocole d’accord de paix entre les Etats-Unis et l’Iran, signé le 17 juin, ne marque pas la fin des tractations et menaces des puissances impérialistes, et ne garantit en rien la fin des bombardements pour les peuples de la région !
Une signature sur un papier n’est pas la paix
D’après JD Vance, vice-président des Etats-Unis, les deux pays ont « posé des bases très solides pour aboutir à un accord final réussi », après que Trump ait signé ce qu’il qualifie de « bon accord » avec l’Iran. Et pour cause : il a levé ce lundi 22 juin les sanctions américaines contre le pétrole iranien, en échange d’une relative réouverture du détroit d’Ormuz, par lequel sont passés le même jour 36 navires de matière première, un record depuis le début des bombardements. Pour l’impérialisme américain, par la guerre ou par la signature, ce qui compte en bout de course, c’est bien le profit !
Dans ce jeu entre brigands, Macron veut assurer la place de l’impérialisme français. Vu la situation explosive au Moyen-Orient, celui-ci lorgne sur toutes les opportunités. Après avoir reçu en grande pompe le président américain au château de Versailles en vue de la signature du protocole, après avoir accueilli le G7 à Evian, il en vient même à proposer les services de la marine française pour soi-disant aider au déminage du détroit !
Ce protocole, qui prévoit 60 jours pour finaliser un accord, n’est absolument pas synonyme de paix. L’Etat d’Israël, gendarme de l’impérialisme américain au Moyen-Orient, poursuit son offensive militaire au Liban-Sud et son occupation de la Cisjordanie – lui aussi a pourtant signé traité de paix, cessez-le-feu, résolutions et compagnie. Le régime des mollahs, après avoir réprimé dans le sang le soulèvement populaire de janvier, continue à imposer la terreur à la population : hier, Nasser Bakerzadeh, manifestant de 2022, est devenu le 45e opposant politique exécuté depuis le début d’année. Trump enfin laisse la marine américaine bien en vue des côtes, et qui sait ce qu’il se passera jusqu’à l’éventuelle signature d’un accord : depuis le temps que les négociations sont ouvertes, combien de bombes sont tombées sur les classes populaires de la région !
Pendant que les milliardaires comptent leurs profits, ce sont nos morts que nous comptons ! Ils veulent nous faire payer leurs guerres : alors refusons la militarisation et l’explosion des budgets de l’armement en France et ailleurs.
Les classes populaires du monde entier ne peuvent compter que sur leurs propres forces !
Un autre événement fait moins le tour des médias bourgeois, probablement parce qu’il doit faire frissonner les gouvernements : le soulèvement populaire en Bolivie. Depuis le mois de mai, des mobilisations d’ampleur secouent le pays en réponse aux politiques d’austérité – notamment la fin des aides publiques pour l’essence – prévues par le président conservateur Paz, élu en décembre 2025.
De larges franges de la population – mineurs des puits de lithium, paysans, habitants de quartiers – s’organisent dans des comités et des assemblées pour gérer le quotidien, le ravitaillement de piquets de grève ou de barrages routiers ! Poussée par la mobilisation, la COB (le principal regroupement des syndicats du pays), s’est vue obligée d’exiger la démission du gouvernement. Ce dernier, en soutenant des bandes armées d’extrême-droite et à l’aide d’armes achetées au président brésilien Lula, soi-disant de gauche, est pourtant loin d’éteindre la révolte.
Si la classe ouvrière bolivienne en venait à formuler une politique consciemment révolutionnaire, alors elle pourrait en arriver à prendre en charge elle-même les affaires du pays, et c’est sans doute ce que craignent les classes possédantes d’Amérique latine. Alors entière solidarité avec le peuple bolivien !
