Convention Medef-France Universités : partners in crime

Article du N°52 de Révolutionnaires (5 mars 2026)

Le 12 février, les présidents du Medef et de France Universités ont signé une convention de partenariat. Que cachent donc les grandes phrases sur « les liens entre recherche publique et secteur privé » ?

Sur le fond, État et patronat sont d’accord : le tri social doit servir à envoyer les enfants des classes populaires au boulot le plus tôt possible. La matière grise formée à la fac via les caisses publiques doit se mettre au service des profits : innovations techniques et scientifiques finissent ainsi sous brevet privé et secret commercial.

Le bras de fer porte sur qui paiera la note. Le patronat veut que l’État prenne en charge les salaires au rabais des apprentis, alternants et doctorants qui franchissent la porte des entreprises. L’État quant à lui, sous couvert « d’autonomie » des facs, veut qu’elles se débrouillent pour se financer auprès du patronat local.

La convention prend acte de cette négociation. Au passage, elle permet au patronat de s’octroyer une place de choix dans le calibrage des formations et des financements : vice-présidence au développement économique, bureau des entreprises dans la fac, participation du Medef local aux cartes de formation, etc.

Pour leurs justifications bidons, on repassera : la convention présente le job dating devant la machine à café de la fac et « l’entrepreneuriat étudiant » comme « la » solution au chômage des jeunes et au décrochage scolaire. Et pourquoi pas comme solution à la pauvreté dans le monde et à la crise climatique ?

La multiplication des offensives du patronat et de gouvernement, du « CDI jeunes » du Medef à la menace d’augmentation des frais d’inscription à l’université, visent à faire de la jeunesse de la chair à patron corvéable à merci. Les étudiantes et étudiants doivent se préparer à la riposte !

Benjamin Palka et Alexis Micshen • 03/03/2026