

De Minneapolis à Paris, l’ordre capitaliste tue !
Edito du NPA Jeunes Révolutionnaires
La police anti-immigration de Trump tue. Le 7 janvier, Renee Good est assassinée dans sa voiture. Le 24 janvier, Alex Pretti, un infirmier de 37 ans, est également abattu à bout portant. Ces deux meurtres sont la partie visible de l’iceberg : 33 000 arrestations de jeunes et de travailleurs en septembre 2025 seulement, sous prétexte qu’ils n’ont ou n’auraient pas les bons papiers. L’ICE a même été jusqu’à enfermer un enfant de cinq ans. De quoi déclencher une colère bien légitime dans la population.
ICE : trois lettres et une politique de terreur contre les pauvres
L’ICE, agence fédérale de lutte contre l’immigration, a vu ses pouvoirs et ses moyens considérablement élargis par Trump. Pour l’année 2026, son budget est de 30 milliards de dollars, soit plus que le budget militaire d’un pays comme le Canada. Lourdement armés, cagoulés, circulant souvent dans des véhicules non siglés, les agents de l’ICE entrent dans les usines, les ateliers, mais aussi les écoles ou les hôpitaux pour traquer quiconque est suspecté d’être un « immigré illégal ». Cette police parallèle, elle, ne s’embarrasse pourtant pas de la légalité.
L’objectif de Trump est de terroriser les populations immigrées, et plus largement tous les travailleurs, américains ou non. Briser les oppositions sur son territoire est pour lui un moyen d’en agresser d’autres : intervention au Vénézuela, possiblement en Iran ou en Syrie, ou encore menace sur le Groenland, toujours contre les peuples, au nom du profit et de la concurrence avec la Chine… Pour maintenir sa domination, l’impérialisme a besoin d’avoir les mains libres et une population docile.
S’opposer à la brutalité policière
Les gros bras de l’ICE sont loin d’avoir tétanisé les travailleurs américains. Les États-Unis ne comptent pas que des fans de Trump, les manifestations massives de ces derniers jours nous le rappellent : des centaines de milliers de personnes prennent les rues des grandes villes pour crier « ICE out » ! Vendredi dernier, Minneapolis était paralysée par une grève générale.
Au quotidien, on s’organise dans les quartiers contre les rafles. Pendant qu’on bloque les patrouilles de l’ICE, les travailleurs et travailleuses ciblés par leurs interventions peuvent se réfugier chez eux ou chez leurs voisins, prévenus par les sifflets et cris d’alerte. Voilà de quoi faire face concrètement à la milice réactionnaire de Trump ! On est bien loin des tiktoks de Mamdani (maire « socialiste » de New York), qui n’est bon qu’à rappeler aux citoyens américains leurs droits, quand plusieurs agents de l’ICE se sont vantés face caméra de n’en avoir « rien à foutre »…
Une résistance qui a de quoi nous inspirer ici !
Dans la nuit du 14 au 15 janvier, El Hacen Diarra, un homme originaire de Mauritanie, est tué en garde à vue dans un commissariat parisien. Moins de 3 ans après le meurtre raciste de Nahel, la police française nous rappelle qu’elle n’a pas besoin d’être l’ICE pour tuer ; nous n’avons, nous non plus, rien à attendre pour nous mobiliser ! D’autant que, si des vidéos montrent clairement des policiers le plaquant au sol alors qu’on l’entend crier « vous m’étranglez », les plateaux TV volent au secours de la police ! La semaine dernière, l’Assemblée débattait même d’un texte visant à « reconnaître une présomption de légitime défense » pour les policiers faisant usage de leur arme. Un vrai permis de tuer qui a pour l’instant été rejeté, malgré le soutien du gouvernement.
Les élections municipales sont également l’occasion d’une surenchère à la démagogie sécuritaire ; à Paris, Rachida Dati veut doubler les effectifs de la police municipale et déployer 8000 caméras de surveillance. A Lille, l’écologiste Stéphane Bailly se revendique être « le vert qui veut du bleu ».
Qu’elle soit vert kaki façon ICE ou bleu marine façon police républicaine, c’est du pareil au même : la force brutale au service des intérêts des riches. Loin de nous protéger, la police protège l’ordre social capitaliste. Et c’est bien tout cet ordre social, nous révolutionnaires, que nous voulons renverser ! Pour ça, nous ne pourrons compter que sur nos propres luttes et mobilisations comme celles que nous connaissons aux Etats-Unis et en Iran !
