

L’Union européenne veut aider les femmes à avorter… sans y mettre les moyens
Article du N°52 de Révolutionnaires (5 mars 2026)
Suite à la pétition « Ma voix, mon choix », la Commission européenne donne l’autorisation aux États membres d’utiliser les fonds européens pour aider des femmes à avorter. Une mesure sur le papier, qui ne garantit en rien aux femmes l’accès à l’IVG.
Plus de 20 millions de femmes en Europe n’ont pas un accès sûr à l’avortement. En cause : les restrictions en Pologne et à Malte, le non-remboursement des soins en Allemagne, en Autriche, en Croatie, et, depuis 2021, au Portugal. En Hongrie, depuis 2022, un décret impose aux femmes qui veulent avorter d’écouter les battements du cœur du fœtus. En Italie, 70 % des médecins refusent de le pratiquer.
La pétition exigeait de l’Union européenne des fonds spécifiques afin de rembourser l’IVG dans le pays d’origine ou le déplacement à l’étranger pour avorter. Bruxelles rétorque qu’il n’y a qu’à utiliser les fonds déjà existants, et préfère s’en remettre à chaque État pour leur utilisation : les Hongroises doivent avoir hâte de supplier Viktor Orbán d’utiliser les fonds européens pour financer leur IVG !
La députée européenne macroniste Valérie Hayer affirme que cela « marque un véritable progrès pour les droits des femmes ». Elle s’y connaît en « véritable progrès » : son groupe a soutenu la constitutionnalisation du droit à l’avortement en France, au moment même où le budget de l’hôpital est réduit et où les délais pour avorter s’allongent. Et on devrait les remercier ! Seules nos luttes d’ensemble nous permettront d’arracher des moyens et de défendre l’ensemble de nos droits !
Uma Dauna • 03/03/2026
