
Non à la criminalisation des mobilisations sans les universités ! Non à la loi Hetzel !
Communiqué du NPA Jeunes Révolutionnaires
Le 27 mars, l’ancien ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Patrick Hetzel, et d’autres députés LR, ont émis une proposition de loi visant à criminaliser les mobilisations dans les universités et l’ont déposée à l’Assemblée Nationale. La participation à une occupation d’université deviendrait un délit passible d’un an d’emprisonnement et de 7.500 € d’amende. Si elle est caractérisée comme « en réunion », ce serait jusqu’à 45 000 € d’amende et 3 ans de prison. Or rares sont ceux qui occuperaient seuls leurs universités dans le cadre d’une lutte sociale ! Le but de la loi est simple. Il s’agit d’empêcher les jeunes de se mobiliser sur leurs lieux d’études pour lutter contre les attaques du gouvernement et des capitalistes. Par ailleurs, la présentation de la loi lors de son dépôt est très claire sur son intention. Le gouvernement en a ras-le-bol des mobilisations étudiantes : « les campus universitaires connaissent de plus en plus des blocages, des occupations illicites ». Il cherche à y mettre fin en modifiant la loi qui « changera radicalement la donne avec pour incidence de supprimer les navrantes situations de blocage ».
Le texte est accompagné de commentaires qui induisent une volonté de faciliter l’intervention des forces de l’ordre sur les campus ! Ces dernières années, de nombreuses mobilisations étudiantes ont été réprimées par des interventions policières qui se font de plus en plus importantes dans le but de nous intimider et de limiter l’extension des luttes. Ce fut le cas cette année à Nanterre avec l’intervention de 150 CRS contre des étudiants qui se mobilisaient pour leurs inscriptions à l’université et le droit à étudier, mais aussi l’an passé lors des mobilisations contre les coupes budgétaires à Bordeaux, Lille ou encore Rennes.
Cette loi répressive est proposée au moment même où les attaques pleuvent, sur nos conditions de vie comme sur nos conditions d’étude – les coupes budgétaires dans les universités vont par exemple renforcer brutalement la sélection sociale à la fac. Mais de l’argent il y en a, à profusion, pour les patrons et pour l’armée ! Les budgets militaires explosent, alors que les guerres menées par nos dirigeants impérialistes se multiplient, et que le gouvernement réprime ceux qui cherchent à relever la tête.
Il y a moins d’un an était votée la mal-nommée loi de « lutte contre l’antisémitisme », qui avait pour but de réprimer les étudiants se mobilisant contre le génocide en Palestine, et de mettre en place une nouvelle manière de les juger avec la création de sections disciplinaires au niveau du rectorat. L’Assemblée nationale va examiner le 16 avril la loi « Yadan », qui assimile toute critique de l’Etat d’Israël à de l’antisémitisme. L’amalgame crasse entre antisionisme et antisémitisme continue, dans le but de criminaliser le soutien à la Palestine ainsi que la dénonciation des politiques coloniales et impérialistes au Proche-Orient. C’est dans cette logique que Rima Hassan, eurodéputée de la France Insoumise, et plusieurs militants soutiens du peuple palestinien ont été envoyés en garde-à-vue ces dernières semaines. Olivia Zémor, militante et présidente d’EuroPalestine, a même été condamnée à 2 ans de prison avec sursis pour « apologie du terrorisme ». Mais qui fait l’apologie du terrorisme ? Pour nous, certainement pas ceux et celles qui dénoncent la complicité de l’Etat français dans les massacres en cours au Moyen-Orient ! Mais bien ceux qui justifient de façon ignoble les crimes de l’armée israélienne à Gaza ou les bombardements américains sur des écoles de fillettes à Téhéran. Non, se battre pour la fin de la colonisation, ce n’est pas de l’antisémitisme !
Une chose est claire: le gouvernement s’inquiète des mobilisations en soutien à la Palestine et des mobilisations étudiantes qui s’organisent sur les campus et dont on peut parier qu’elles se multiplieront dans les prochaines années. Les capitalistes rêvent d’une jeunesse qui se tient sage, qui fait le service militaire et qui accepte les reculs sociaux ici comme les ravages de l’impérialisme à travers le monde. C’est bien par nos mobilisations et nos grèves généralisées que nous allons devoir leur répondre. Ce sont elles qui permettront d’arracher la satisfaction de toutes nos revendications …
Exigeons le retrait de cette proposition de loi ! Stop à la criminalisation des mobilisations étudiantes ! Préparons les prochaines luttes !
