Préférence nationale à la fac : attaquer d’abord les étudiants étrangers avant de généraliser la hausse des frais d’inscription

Article du N°56 de Révolutionnaires (30 avril 2026)

Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, a annoncé lundi 20 avril dernier qu’il compte généraliser la hausse des frais d’inscription à l’université pour les étudiants étrangers. Son projet cyniquement nommé « Choose France for Higher Education », prévoit de leur faire payer dès la rentrée prochaine 2 895 euros l’année en licence et 3 941 en master.

Depuis la réforme « Bienvenue en France » (2018), les universités pouvaient déjà appliquer les frais d’inscription différenciés, mais la mobilisation étudiante en avait largement empêché l’application. Aujourd’hui, le gouvernement veut rejouer le match en généralisant la hausse.

On nous explique que ce racket permettrait à la France d’être plus « attractive » vis-à-vis des étudiants étrangers. On voit bien qu’il s’agit en réalité de faire le tri entre les « bons » et les « mauvais » migrants : l’État français veut bien accueillir quelques jeunes nantis de pays riches, mais veut virer la majorité des étudiants étrangers issus de classes populaires.

Le gouvernement se justifie en disant que les universités manquent d’argent. Mais qui asphyxie les facs ? Les étudiants, ou l’armée, dont le budget a récemment été élevé à 57 milliards ? Les étrangers, ou le gouvernement, qui donne 211 milliards d’euros par an en subventions aux entreprises ? En réalité, la multiplication par 16 des frais d’inscription permettra à l’État de gagner 250 millions d’euros. C’est environ un millième de ce qu’il offre au grand patronat chaque année… C’est dans leurs caisses qu’il faut chercher l’argent, pas dans les poches des étudiants !

Le gouvernement veut normaliser la « préférence nationale », une vieille obsession de l’extrême droite. Nous ne tolérons pas les divisions racistes. Pas plus que la guerre administrative menée contre les étrangers, avec, entre autres, la circulaire Retailleau qui fait drastiquement baisser le nombre de titres de séjour renouvelés.

En ciblant les étudiants étrangers, le gouvernement espère qu’ils seront isolés et que la réforme passera. Mais qui peut s’imaginer qu’il ne cherchera pas ensuite à généraliser cette hausse des frais à tous les étudiants ? En octobre 2025, l’Inspection générale des finances demandait déjà que tous les étudiants, nationaux comme étrangers, payent les 2 895 euros en licence. Début 2026 aux « assises sur le financement des universités », même rengaine.

En janvier 2019, les étudiants français et étrangers s’étaient mobilisés massivement et dans tout le pays contre Bienvenue en France. Cette grève étudiante, en plein mouvement des Gilets jaunes, avait permis de faire partiellement reculer cette attaque raciste.

Pour qu’étudier devienne un droit réel plutôt qu’un privilège, c’est ce chemin qu’il faut reprendre ! Le NPA-Révolutionnaires propose d’impulser des initiatives de mobilisations et se met en lien avec les organisations étudiantes dans cet objectif.