Vingt ans après le CPE, le Medef propose un CDI pour les jeunes pouvant être rompu sans motif

Article du N°50 de Révolutionnaires (5 février 2026)

Il y a vingt ans, la mobilisation des jeunes et des travailleurs avait permis de faire reculer le patronat et Dominique de Villepin, alors Premier ministre, et son contrat première embauche (CPE), ou plutôt « contrat précarité et exploitation sans limite ». Aujourd’hui, la principale organisation patronale, le Medef, tente à nouveau de faire des jeunes une main-d’œuvre corvéable à merci, avec un CDI pouvant être rompu plus facilement. Si nous avons réussi à faire reculer les patrons en 2006, nous pourrons recommencer en 2026 !

Les jeunes dans la galère…

18,8 % des jeunes entre 15 et 24 ans sont privés d’emploi, c’est trois fois plus que l’ensemble des tranches d’âge. Avec ou sans diplôme, il est de plus en plus difficile de trouver un travail. Trouver un stage – même non rémunéré ! – ou une alternance relève déjà du parcours du combattant. Et quand – miracle ! – on est embauché quelque part, c’est pour découvrir les joies de l’exploitation salariale, avec un salaire au plus bas et des risques au plus haut. Les accidents de travail sont deux fois plus élevés chez les moins de 25 ans, jusqu’à la mort : plus d’un décès sur cinq survient dans l’année qui suit la prise de poste et 22 jeunes de moins de 25 ans sont morts au travail en 2024.

Pour lutter contre le chômage, il faudrait donner le droit de nous virer

Le Medef décide de prendre à bras-le-corps le problème : les jeunes n’auraient pas de boulot car les patrons auraient… peur de les embaucher ! Pour le Medef, le peu de protections qui existe pour les salariés encore est une plaie. Il faut par exemple verser des indemnités quand on vire quelqu’un du jour au lendemain. Alors, il propose la création d’un CDI « pouvant être rompu sans motif pendant les premières années », un « contrat à droits progressifs » : au départ, pas de droits du tout, et peu à peu – si on ne se fait pas virer –, on en gagnera quelques-uns. Mais qu’est-ce qui empêcherait alors un patron de rompre tous les contrats avant que les salariés obtiennent le droit aux indemnités ? On ne luttera pas contre le chômage en donnant le droit aux patrons de licencier plus facilement. Pour faire reculer le chômage, le seul moyen est de répartir le travail entre tous et toutes. Plutôt que de revenir sur les jours fériés, sur les 35 heures, pourquoi pas travailler moins, mais tous ?

Alors si les patrons veulent refaire le CPE, soyons prêts à refaire 2006 : une grève massive de la jeunesse qui menace de déborder sur le monde du travail !

Uma Daunai • 03/02/2026