

3e semaine de mobilisation sur les lycées à Marseille. Là-bas comme ailleurs : “qui sème la misère, récolte la colère !”
Edito du NPA Jeunes Révolutionnaires
Depuis début mars, un vent de colère souffle sur les lycées marseillais. Avec leurs grèves, leurs blocus, leurs manifestations et leurs assemblées générales, les élèves, les profs et les parents construisent ensemble un mouvement pour exiger des moyens dans l’école. En 15 jours, ce sont pas moins de 16 lycées qui ont rejoint la mobilisation !
« Alerte enlèvement : 4 000 postes en moins ». La pancarte du lycée Diderot à Marseille pointe le problème. L’État réduit l’enveloppe d’argent qui va à l’éducation. Couic-couic, voilà des dizaines d’heures coupées par établissement et des milliers de postes supprimés. Pour les lycéens, ça ne fera pas des journées allégées : ça fera moins de choix d’option et de spécialité, et des classes mal-chauffées à 40 élèves. On ne verrait pas ça dans les lycées privés des beaux-quartiers ! Et derrière, on voudrait nous faire croire à l’égalité des chances sur Parcoursup ?
Devant un autre lycée, une banderole dit : « Des thunes pour l’école, pas pour l’armée ». C’est vrai : de l’argent, il y en a. Il y en a même beaucoup, car la société n’a jamais produit autant de richesses. Mais le gouvernement choisit de prendre cet argent dans les écoles, les hôpitaux, les transports pour le filer à l’armée et aux grandes entreprises. Car l’État sert les capitalistes : il leur permet de s’enrichir et de défendre leurs intérêts sur le dos de la population.
La dégradation des services publics et la montée de la misère à un pôle de la société s’explique par la concentration des richesses à l’autre pôle. Peugeot, Thalès, Bolloré, Michelin, Dassault : les noms de ces capitalistes en chair et en os qui prospèrent sur notre dos sont connus de tous, tant ils sont peu nombreux.
Les attaques ne s’arrêtent pas à l’école et elles reviendront tant qu’on n’arrache pas leur racine : la loi du profit et la classe qui en profite. Pour remettre la société à l’endroit une fois pour toute, il faut s’organiser et s’armer d’idées. Pourquoi ? Parce qu’en face, les capitalistes ne manquent ni de l’un, ni de l’autre. Ils ont l’État, sa police, sa justice, son service militaire « volontaire ». Ils ont aussi leur drapeau tricolore, leur nationalisme, leur racisme. Nous, notre organisation et nos idées, on va les chercher du côté du mouvement ouvrier, de l’internationalisme, et d’une société débarrassée de l’exploitation qui s’appelle le communisme.
Se battre pour que les richesses produites par les travailleurs servent à la population et pas aux grands patrons, c’est ça le cœur du problème posé à Marseille. Et leur colère peut être contagieuse, si on s’y met tous ensemble. A Rennes et au Havre, dans les alentours de Lille et Bordeaux, des journées d’action ont existé ces derniers jours sur les mêmes préoccupations. Tant mieux, car pour gagner contre ces coupes de budget à l’école, il va falloir faire très peur au gouvernement, au point où il reculerait pour avoir la paix. Et pour lui faire très peur, à nous d’organiser la colère, de la rendre visible et de l’étendre, en décidant par nous-même ! À Marseille, prochaine journée de grève ce 26 mars. Ils et elles montrent l’exemple de ce qu’on devrait faire partout !
