Fermetures d’Ifsi : former moins pour soigner plus ?

Article du N°56 de Révolutionnaires (30 avril 2026)

Le 14 avril dernier, la fondation de la Croix Saint-Simon, qui administre et finance une soixantaine de structures sanitaires et médico-sociales en France, a annoncé l’arrêt de ses activités. Cela signifie, à Paris, la fermeture de deux écoles d’infirmières, une école de puériculture, un institut de formation de professionnels de santé et un de travailleurs sociaux. Cette annonce plonge tous les étudiants et le personnel de ces établissements dans l’incertitude vis-à-vis de leur avenir. Ces fermetures annoncées sont un nouveau coup porté aux conditions de travail des soignants, alors même que ceux-ci sont déjà confrontés à des cadences intenables dues au sous-effectif généralisé, dans les hôpitaux publics et les Ehpad – la fermeture des centres de formation ne peut qu’empirer la situation.

Ce sous-effectif dans les hôpitaux est-il lié à une crise de la vocation pour les métiers d’infirmières et d’aides-soignantes ? Pas vraiment. Pour 40 000 places disponibles, plus de 700 000 vœux pour intégrer une école d’infirmières ont été formulés sur Parcoursup en 2025. Alors serait-il lié à un désintérêt des jeunes aux métiers d’aide à la personne ? Les 10 % qui abandonnent la formation le font le plus souvent à cause des conditions de travail difficiles rencontrées lors des stages. En réalité, le sous-effectif est la conséquence directe des milliards que le gouvernement préfère donner au patronat et à l’armée.

Les étudiantes de l’institut de formation en soins infirmiers (Ifsi) de la Croix Saint-Simon s’organisent et refusent l’arrêt de leur formation. Aux 4 000 soignants, profs, élèves, patients et parents concernés par cette fermeture de leur emboîter le pas !

Rita Zinnia • 28/04/2026