Article du N°56 de Révolutionnaires (30 avril 2026)

Calvin, 15 ans, est décédé dans une entreprise de travaux publics dans le Gard lors d’un stage de seconde. Son nom va rejoindre celui des jeunes ouvriers de Rhône-Alpes qui sont morts au service de Lustucru ou d’une plateforme logistique ces dernières semaines. Il trouvera à leurs côtés le nom de cinq autres adolescents victimes de l’exploitation en 2025.

Le ministère de l’Éducation nationale dit réfléchir à remanier les stages d’observation de troisième et seconde pour « protéger » les élèves sans les « priver de cette opportunité ». A-t-on besoin de rappeler l’inutilité de ces stages ? De rappeler les dérogations mises en place en 2015 par un ministre PS pour laisser les lycéens bosser en hauteur ou sur des machines dangereuses ? Les enfants de travailleurs connaîtront bien assez tôt le « milieu professionnel », nul besoin d’envoyer 1,5 million d’élèves s’en faire un avant-goût chaque année.

Des familles luttent pour exiger justice et affirmer « plus jamais ça ». Les parents d’Alex, mort à Saint-Lô, continuent d’organiser la solidarité par des pétitions et de tisser des liens entre les familles des victimes. La mère de Calvin dénonce la responsabilité de l’employeur, les conditions de travail dangereuses, les cadences, l’attitude de l’encadrement et le manque de formation : « Il travaillait tout seul, sans chaussures de sécurité, sans casque, c’était en gros “moi je vais boire mon café, et toi, bosse”. » Une colère qui doit parler à bien des apprentis, stagiaires et travailleurs – quel que soit leur âge.

Alexis Micshen • 28/04/2026