
Guadeloupe : mobilisation des lycéennes contre une liste sexiste
Article du N°57 de Révolutionnaires (14 mai 2026)
Mercredi 6 mai, plus d’une centaine de lycéennes du lycée Jardin d’Essai, en Guadeloupe, se sont rassemblées devant leur établissement. Elles dénoncent la circulation d’une liste hiérarchisant les étudiantes, photos à l’appui, selon leur physique, et les classant dans des catégories dégradantes et sexualisantes – un acte profondément sexiste et humiliant, que la société patriarcale a rendu extrêmement banal. Les lycéennes pointent du doigt l’affirmation de plus en plus assumée, chez certains de leurs camarades de classe, des idées sexistes et réactionnaires. Elles réclament de vraies mesures contre le sexisme de la part de l’établissement ainsi qu’un suivi psychologique des élèves auteurs de cette liste.
Dans la foulée, les lycéennes soulignent les limites des « solutions » proposées par la direction de l’établissement, obligée de réagir sous la pression de la mobilisation. Ce ne sont pas de grands discours sur l’égalité filles-garçons, ni son dépôt de plainte, d’ailleurs pour l’instant sans suite, qui s’attaqueront à la racine du mal.
Les lycéennes dénoncent la manière dont ces attitudes sont renforcées par les offensives réactionnaires propagées par les réseaux sociaux via des influenceurs d’extrême droite se revendiquant du mouvement dit « masculiniste », pour qui l’humiliation, la domination, la violence – voire l’attentat et le meurtre dans les cas les plus extrêmes – y sont présentés comme légitimes face aux femmes. Celles-ci sont réduites à un corps-objet sur lequel les hommes auraient tous les droits, et leur liberté est présentée comme une menace.
Les lycéennes ont réussi à convaincre leurs camarades de classe de les rejoindre au rassemblement, permettant d’être trois fois plus nombreuses que les auteurs présumés de la liste, poussant une partie de ces derniers à s’excuser, et certains d’entre eux à quitter leur groupe de potes.
Elles montrent la voie sans attendre personne pour le faire à leur place. Le rectorat de Guadeloupe n’a rien trouvé de mieux, dans son communiqué de presse, que de rappeler que « l’expression [de] l’émotion » devait respecter le fonctionnement de l’institution scolaire ! Le rassemblement d’une centaine d’élèves qui s’organisent pour protester le dérange davantage que cette liste immonde ! Mais leur révolte parle déjà à d’autres : des élèves du lycée voisin de Baimbridge ont montré leur solidarité.
Izia Tvarskaia • 12/05/2026
