
La mobilisation prend place dans les Ifsi !
À Nantes, comme en région parisienne, la mobilisation des lycéens gagne les rangs des étudiantes et étudiants infirmiers. En ce début octobre, leur colère s’affiche sur les pancartes : « Soutien aux lycéens » « 1€ de l’heure, merci pour le pourboire ! » « Finance l’hôpital, pas les Rafale ». Étudiants et travailleurs à la fois, les futures infirmières et infirmiers se trouvent à la croisée entre la précarité étudiante et la pression du travail à l’hôpital.
À TENON, LE RAS-LE-BOL SE TRANSFORME EN ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
Tout part d’un ras-le-bol à l’Ifsi de Tenon à Paris. Le lundi 5 octobre au matin, des étudiantes et étudiants débrayent pour organiser une assemblée générale (AG) et proposer de rejoindre la manifestation lycéenne prévue le lendemain. Une cinquantaine de personnes se réunissent. Dans la foulée, un cortège d’étudiantes et étudiants infirmiers se prépare pour le mardi, des groupes se mettent en place sur les réseaux sociaux, et les étudiants décident de se retrouver rapidement. Après la manifestation, des dizaines d’étudiants d’autres Ifsi prennent contact via TikTok pour faire part de leur envie de rejoindre le mouvement.
PRÉCARITÉ, ÉPUISEMENT, CONDITIONS DE STAGE : LA COLÈRE DÉBORDE ÉGALEMENT À NANTES
À Nantes, le jeudi 8 octobre, une dizaine d’étudiants rejoignent la manifestation pancartes à la main. Si le cortège reste modeste, cette première apparition marque une étape importante : les futures soignantes et soignants commencent à prendre leur place dans la mobilisation étudiante. Le même jour, une AG se tient au sein de l’établissement et réunit une quarantaine de personnes. Les discussions portent sur les mobilisations en cours et sur l’importance de prendre part au mouvement. De cette dynamique naît un tract au slogan sans équivoque : « Pas de soins sans soignant·es, pas de soignant·es sans moyens ! » Derrière ces mots, une exaspération bien réelle : marre d’étudier dans la précarité, marre de l’épuisement, marre des conditions de stage !
FAIRE ENTENDRE LA VOIX DES FUTURS SOIGNANTS LE 17 OCTOBRE
L’enjeu est désormais de poursuivre les discussions et de convaincre davantage d’étudiants de rejoindre le mouvement, notamment les ESI (étudiantes en soins infirmiers) afin de dépasser le cadre de leur Ifsi. S’inscrire dans une mobilisation plus large, en faisant converger les revendications sur la formation avec les réalités et les enjeux des travailleurs dans les hôpitaux et dans l’ensemble de la société. Les prochaines AG devront permettre de préciser les revendications et de préparer le 17 octobre.
DE LA RÉGION PARISIENNE À LA PERSPECTIVE D’UNE COORDINATION NATIONALE
Lundi 12 octobre, une tournée générale des Ifsi est organisée avec des tracts pour construire une AG inter-Ifsi de région parisienne mercredi soir. L’objectif est clair : devenir plus nombreux, se donner des objectifs communs, et donc être plus forts. Et puis, Nantes, Paris : qui sait où d’autres colères grondent ? Autant commencer sur de bonnes bases pour une possible coordination nationale.
FAIRE CONVERGER LES COLÈRES DE LA JEUNESSE ET DES TRAVAILLEURS
Pour construire un avenir qui ne se réduit pas à la pauvreté, la mobilisation doit dépasser les portes des instituts de formation, des lycées et des facs et s’étendre vers les travailleurs de tous les secteurs. Heureusement, les premiers élans d’une mobilisation parmi les étudiants infirmiers est un bon signe, car eux font déjà quotidiennement le pont entre l’école et le travail.
CORRESPONDANTES • 13/10/2026
