Les jeunes et les travailleurs doivent regarder vers l’Iran 

Edito du NPA JEUNES REVOLUTIONNAIRES

Après l’intervention militaire décidée par Trump au Venezuela pour mettre la main sur son pétrole, après avoir réaffirmé la volonté de s’approprier le Groenland et ses ressources, c’est l’Iran que le dirigeant américain menace désormais d’une nouvelle intervention militaire. Le prétexte en est de voler au secours de la population iranienne qui défie la dictature de Khamenei malgré une répression qui a fait, à l’heure où nous écrivons, plusieurs centaines de morts et des milliers d’arrestations.

Une colère qui devait exploser

Partie des petits commerçants du bazar, couche sociale pourtant historiquement à la base du régime, la colère qui soulève l’Iran a gagné des franges entières de la classe ouvrière et de la jeunesse. Elle est causée par le coût de la vie dans un pays qui connaît une inflation de 40% par an et où les habitants doivent parfois acheter des œufs à crédit. Le régime en est responsable, les sanctions américaines aussi. Mais cette colère repose aussi sur la contestation du régime islamiste de l’ayatollah Khomenei et de ses politiques. Les « gardiens de la révolution », milice du pouvoir qui contrôle des pans entiers de l’économie légale et parallèle, sont haïs de la population. 

C’est de nouveau par la répression que l’Etat répond à la colère de la population, pendant que les manifestants ripostent aux balles par des pierres. Mais cette colère ne retombe pas, que ce soit dans les manifestations de masse à Téhéran, ou dans la grève générale déclarée dans les régions kurdes.

Trump ou le Chah ? Faux sauveurs et vrais rapaces

Le mouvement a de quoi inquiéter le régime, mais la bourgeoisie possède des solutions de rechange. Certains appellent de leurs vœux une intervention militaire des États-Unis pour mettre fin à la contestation, voire pour installer Reza Pahlavi – le fils du Chah déchu en 1979 et vassal des impérialistes occidentaux. Pour l’instant, Trump pèse le pour et le contre d’une intervention militaire. Ses menaces visent à obtenir des concessions de la République islamique, et il n’est pas exclu que les Etats-Unis négocient avec le régime en laissant tomber leur protégé Pahlavi (à la manière de leur politique au Vénézuela). Paradoxal ? La planète impérialiste se contente des pires dictatures tant qu’elles maintiennent un ordre social bénéfique à la marche des profits. Les classes populaires d’Iran n’ont rien à espérer des Etats-Unis ou d’Israël qui préfèrent de loin le régime actuel à une véritable révolution. 

Les conseils ouvriers iraniens avaient fait tomber le Chah en 1979. Les grèves de 2017 ont contenu un temps l’inflation. Le mouvement Femme Vie Liberté a détruit l’autorité de la police des moeurs en 2021. La classe ouvrière d’Iran, la plus nombreuse de toute la région, nous montre sa force et sa capacité de renverser les tyrans.

Une révolte au coeur des enjeux stratégiques pour les capitalistes… comme pour les travailleurs :

Le pays est au centre de enjeux impérialistes au Moyen-Orient. Sur le volet économique, c’est le 3e producteur mondial de pétrole. Il s’agit aussi d’une puissance régionale capable de stabiliser ou de déstabiliser la région. Les multiples interventions américaines et israéliennes sur l’Iran et les pays voisins en témoignent. Mais les travailleurs d’Iran représentent un véritable espoir pour tous les peuples de la région, à commencer par le peuple palestinien, loin des régimes autoritaires, des calculs impérialistes et des faux-alliés intéressés.

Si la République islamique peut tomber, seule l’organisation indépendante des classes populaires peut empêcher qu’on leur vole les fruits de leur lutte. 

Leur révolte dans une situation de montée des tensions impérialistes est porteuse d’espoir ! Face à la loi du plus fort défendue par les impérialistes, comme en témoignent l’agression étasunienne au  Venzuela ou la poursuite du génocide en Palestine, de nombreux jeunes et travailleurs continuent de se révolter… et ils ont bien raison ! Soutenons-les et inspirons-nous de leur lutte dans les semaines à venir, partout dans le monde, y compris en France.