
Ils vivent ici, ils bossent ici, ils doivent pouvoir étudier ici ! Non à la hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers, qui prépare une hausse généralisée pour tous les étudiants !
Communiqué du NPA Jeunes du 28 avril 2026
Philippe Baptiste, ministre macroniste de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, a annoncé lundi 20 avril dans les colonnes du Parisien qu’il compte généraliser la hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers. Derrière son projet cyniquement nommé « Choose France for higher education », il veut leur imposer dès la rentrée 2026 de payer 2 895€ l’année en licence et 3 941€ en master.
Depuis 2018 et la mal-nommée réforme raciste « Bienvenue en France », les universités pouvaient déjà augmenter les frais d’inscription de la sorte, mais la mobilisation étudiante avait obtenu, dans la majorité des facs, une exonération annulant cette hausse. Aujourd’hui, le gouvernement remet sa réforme sur la table en pleine période de partiels, et cherche à en forcer l’application dans toutes les universités.
Ce sont les milliardaires qui nous coûtent cher
Philippe Baptiste nous explique que ce racket permettrait à la France d’être plus « attractive » vis-à-vis des étudiants étrangers. Allez comprendre ! Qui, des Algériens, Sénégalais, Marocains ou Chinois parmi nous se sentirait « attiré » par des frais d’inscription 16 fois plus chers ? Attirer une poignée d’étudiants nantis de pays riches, flattés par le tri social que cette mesure va opérer, oui peut-être, et encore. Mais en mettant à la porte la majorité des étudiants étrangers, issus des classes populaires.
Il n’y a pas besoin de creuser très loin pour voir que la vraie justification du gouvernement, c’est que les universités manquent d’argent, et que l’on pourrait renflouer les caisses en demandant aux étrangers de payer. Mais qui asphyxie les universités ? Les étudiants, ou l’armée dont le budget a récemment été élevé à 57 milliards ? Les étrangers, ou le gouvernement qui donne 211 milliards d’euros de subventions par an aux entreprises ?
D’après des parlementaires, la multiplication par 16 des frais d’inscription permettra à l’État de gagner 250 millions d’euros. C’est environ un millième de ce qu’il offre au grand patronat chaque année. L’idée que les caisses sont vides et qu’il faut faire payer les étudiants étrangers pour y remédier est donc non seulement raciste mais aussi un mensonge grossier.
Une attaque contre les étudiants étrangers, c’est une attaque contre tous les jeunes
Le gouvernement normalise la « préférence nationale », au programme de l’extrême-droite depuis toujours. Par la même occasion, il voudrait nous faire accepter que les étrangers aient un loyer différent pour un même logement, un salaire différent pour un même travail. Il voudrait nous faire accepter la guerre administrative menée à celles et ceux d’entre nous considérés comme étrangers, entre frais de visa et d’assurance rapatriement et non-renouvellement des titres de séjour … Le capitalisme génère en permanence ce genre de divisions mais nous n’avons aucune raison de les tolérer. « Français et étrangers », nos combats sont les mêmes !
En ciblant les étudiants étrangers, le gouvernement espère qu’ils resteront isolés ; qu’ils seront battus seuls et que la réforme passera. Mais qui peut s’imaginer qu’il ne cherchera pas ensuite à généraliser cette hausse des frais à tous les étudiants ? En octobre 2025, l’inspection générale des finances demandait déjà à ce que tous les étudiants, nationaux comme étrangers, payent les 2 895€ en licence. Début 2026 aux « assises sur le financement des universités », même rengaine.
Pour des facs ouvertes à tous les étrangers et aux enfants d’ouvriers, il va falloir se battre !
En décembre 2018, les étudiants nationaux et étrangers s’étaient mobilisés dans un mouvement de grèves, assemblées générales, blocages et manifestations. Leur mobilisation commune – alliée à la frousse de Macron qu’ils se battent avec les gilets jaunes – avait fait partiellement reculer cette attaque raciste, et avec elle toute véléité de généraliser une hausse des frais d’inscription.
Pour qu’étudier devienne un droit réel plutôt qu’un privilège, c’est dans les caisses des patrons qu’il va falloir aller chercher l’argent. Contre toute hausse des frais d’inscription, contre leur « préférence nationale » et leurs attaques racistes sur les étudiants étrangers, contre la sélection sociale qui touche les classes populaires de toute origine, il va falloir reprendre la rue ! Le NPA-Révolutionnaires propose d’impulser des initiatives de mobilisations, et se met en lien avec les organisations étudiantes dans cet objectif.
