Communiqué unitaire contre la hausse des frais d’inscription des étudiants étrangers extra-communautaires

Communiqué signé par : NPA Jeunes Révolutionnaires, UNEF, Le Poing Levé, Solidaires Etudiant·e·s, La Coordination Syndicale Etudiante, Les Jeunes Insoumis, Etudiants Musulmans de France, NPA Jeunesses Anticapitalistes, Union Etudiante, Fédération Syndicale Etudiante

Dans un contexte où les attaques racistes se multiplient à l’Université contre les étudiant·es étranger·ères, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, Philippe Baptiste, a annoncé ce lundi 20 avril, dans les colonnes du Parisien, vouloir mettre en œuvre la fin de l’exonération des frais d’inscription pour les étudiant·es étranger·ères « extra-communautaires ». Alors que les étudiant·es étranger·ères sont déjà en première ligne face au racisme systémique et à l’austérité, cette mesure xénophobe correspond à une nouvelle offensive d’ampleur contre ces derniers.

Depuis 2018, le plan « Bienvenue en France » impose que les étudiant·es étranger·ères « extra-communautaires » (hors UE) paient 2.895€ en licence et 3.941€ en master. Des frais d’inscription exorbitants pour des étudiants souvent en situation de précarité extrême et impossibles à payer pour nombre d’entre eux.

Désormais, sous couvert d’un nouveau plan « pour attirer les étudiants étrangers », Choose France For Higher Education, le ministre annonce en réalité une mesure Bienvenue en France 2, qui a pour objectif que les étudiants étrangers « qui en ont les moyens » payent des frais d’inscriptions différenciés, avec un objectif de 90%, contre 10% aujourd’hui. Comme le ministre l’explique lui-même, « la règle, ce sont les droits différenciés, et l’exception, c’est l’exonération ». Par ailleurs, il faut souligner l’hypocrisie du ministre de l’ESR, quand il annonce une multiplication par 16 des frais d’inscription en licence et en Master, mais pas en doctorat, ou quand il parle de prioriser les étudiant.e.s inscrit.e.s dans des formations qui seraient plus « utiles »économiquement. P. Baptiste est au courant qu’ une grande partie des doctorant.e.s des universités sont des étudiant.e.s étranger.ère.s. La mesure proposée fait donc, en plus, d’un tri économique et xénophobe entre les étudiant.e.s, un tri entre les grades d’étude, et impose donc une vision mercantile de l’enseignement supérieur au service de l’impérialisme français.

Déjà ciblés par la suppression des APL, mesure du nouveau budget validé par le Conseil constitutionnel le 19 février, les étudiant·es étranger·ères font face à un véritable tri raciste, pour leur empêcher de facto l’accès à l’Université.

L’objectif du gouvernement est de normaliser la « préférence nationale » et de pouvoir augmenter les frais d’inscription pour tous les étudiants. Ils commencent aujourd’hui par les étudiants étrangers pour après le généraliser à tous. Cette mesure n’est pas donc qu’une attaque contre nos camarades étrangers, c’est une attaque contre tous les étudiants ! C’est donc à tous les étudiants de descendre dans la rue pour s’y opposer ! Une hausse généralisée des frais d’inscription est en effet recommandée dans un rapport ministériel publié en octobre 2025, que le gouvernement réfléchirait à faire appliquer.

En décembre 2018, en plein partiel du premier semestre, la mobilisation des étudiantes, réunis par milliers en assemblée générale et dans la rue, combinée avec le contexte des Gilets jaunes, avait permis d’obtenir le droit à l’exonération que la grande majorité des facs avait immédiatement appliqué. C’est la lutte qu’il faut remettre à l’ordre du jour.

Cette offensive, qui représente une entrave majeure au droit d’étudier pour les étudiants étrangers, s’inscrit dans la politique des gouvernements successifs qui n’ont cessé de multiplier les mesures racistes et austéritaires afin de fermer l’Université aux plus précaires, aux enfants d’immigrés et aux étudiant-es étranger-es.

Nous ne pouvons pas laisser passer les augmentations de frais d’inscription pour les étudiant-es étranger-es. Il faut lutter contre cette nouvelle annonce ultra-xénophobe, contre Bienvenue en France et contre toutes les mesures racistes que nous imposent le gouvernement. À l’image de la mobilisation menée à Paris 1 contre l’application de frais différenciés et de celle menée à Strasbourg contre la désinscription des étudiants étrangers ne pouvant payer les frais différenciés : étudiant·es, doctorant·es, personnels administratifs et enseignant-es doivent faire front contre le tri-raciste et la précarisation massive des étudiants-es, et lutter pour une Université ouverte à toutes et tous, sans conditions de nationalité ou de revenu.

Nous appelons les étudiant.es et personnels à se mobiliser dans l’ensemble des universités dès maintenant et à construire la mobilisation la plus massive possible, par des assemblées générales et de l’agitation. En ce sens, nous appelons à organiser une première journée de mobilisation dans les universités le mardi 5 mai, jour du CNESER exceptionnel où le décret sera discuté, qui pourrons prendre la forme de rassemblements, actions, mise en lien avec la communauté universitaire, avec pour objectif la visibilisation de cette mesure et la mobilisation massive des étudiants sur la question. De plus, nous appelons à rejoindre la journée de mobilisation appelés par l’intersyndicale ESR le 12 mai.