Article du N°57 de Révolutionnaires (14 mai 2026)

Il y a un an, le collectif des jeunes mineurs non-accompagnés (MNA) de Rouen installait une dizaine de tentes devant la préfecture de Rouen. Le campement de fortune allait durer deux mois, jusqu’à ce que la municipalité de Rouen accepte, sous la pression de la lutte, de loger une quinzaine d’entre eux durant tout l’été au centre Colette Yver, puis prenne en charge à l’automne le paiement de nuitées d’hôtel pour ceux qui restaient sans solution

Au fil des mois, certains jeunes ont enfin été reconnus mineurs par l’ASE (Aide sociale à l’enfance), d’autres ont quitté la ville, les autres sont toujours dans l’impasse : ni pris en charge par les structures d’accueil du département de Seine-Maritime, ni scolarisés, ils sont en situation de grande détresse, voyant approcher avec angoisse leur 18e anniversaire sans avoir eu possibilité de fréquenter un établissement scolaire ou de rentrer en apprentissage. La nouvelle rectrice de Normandie, certes moins méprisante que la précédente, a juste concédé l’ouverture pour quelques-uns d’un dispositif d’accueil de quelques heures par semaine au CIO (Centre d’information et d’orientation) pour la fin de l’année scolaire, mais aucune garantie pour la suite…

Le collectif et tous ses soutiens appellent à un rassemblement « anniversaire » mercredi 20 mai à partir de 16 heures devant la préfecture. Il faudra y être nombreux. Le préfet, le président du département, la rectrice de l’académie de Normandie devront y être dénoncés au même niveau, car tous complices du racisme d’État qui condamne ces jeunes à la rue et à la précarité à vie.

Correspondante • 12/05/2026