Article du N°53 de Révolutionnaires (19 mars 2026)

Depuis début mars, la mobilisation fait tache d’huile sur les lycées marseillais : Mandela, Diderot, Saint-Charles, Montgrand, Artaud, Victor Hugo… et encore d’autres aujourd’hui ! Grève, blocages, assemblées générales et rassemblements mettent au coude à coude professeurs, personnel non enseignant, parents d’élèves ainsi que lycéennes et lycéens.

Les raisons de la colère ? L’annonce par le rectorat d’une diminution des dotations horaires globales pour la rentrée 2026, qui déterminent les heures d’enseignements. Les lycées sont mis au régime sec, en particulier ceux des quartiers populaires : suppressions d’options, de spécialités, de dédoublements de classe… De quoi aggraver encore la ségrégation sociale dans l’éducation. Certains établissements perdent jusqu’à 10 % de leurs moyens !

Les tentatives d’intimidation de la police comme aux lycées Thiers, Artaud et Victor Hugo avec interpellations (y compris au domicile des lycéens !) et gardes à vue à la clé, n’ont pas fonctionné. « Leur répression n’éteindra pas notre détermination », répondent les jeunes mobilisés sur une banderole.

Dans tous les lycées, on discute et on s’organise pour étendre le mouvement. Mardi 17, une manifestation appelée par des collectifs d’enseignants, personnel, élèves et parents mobilisés, à laquelle a appelé également l’intersyndicale, a rassemblé plus de 2 000 personnes. Une manifestation fournie et dynamique, avec un gros cortège de lycéens en tête, salué par l’ensemble des présents.

Les coupes dans les moyens ne sont pas une spécialité marseillaise. Le gouvernement annonce 4 000 postes d’enseignants en moins pour septembre, en prétextant que les caisses sont vides et que le nombre de jeunes diminue. Pourtant, il y a des milliards pour l’armée et pour les subventions patronales ! Les lycéens ne sont pas dupes. À Saint-Charles, une banderole affiche « des thunes pour l’école, pas pour l’armée »et dans la manifestation du 17 on chantait : « C’est pas l’éducation qui coûte cher, c’est l’armée et c’est la guerre ! »

Les lycées mobilisés à Marseille comptent bien continuer à se faire entendre, et à décider tous et toutes ensemble du rythme de leur mobilisation. Pour que la colère fasse contagion, dans les Bouches-du-Rhône et, espérons-le, au-delà, dans l’assemblée générale après la manif du 17, on discute des modalités pour continuer à s’adresser à d’autres, de tournées de bahuts en commun entre profs, personnel non enseignant et élèves, et de la volonté de construire une journée nationale de mobilisation pour le 26 mars au plus tard.

Correspondants • 17/03/2026