Paris, 14 juin 2026

Notre conférence nationale jeune, les 13 et 14 juin 2026, se tient dans un contexte d’offensive généralisée du gouvernement sur les travailleurs et les classes populaires. 

À la suite du vote au printemps d’un budget de guerre sociale, les coups se multiplient : flicage des minimas sociaux, suppression des APL et augmentation des frais d’inscription à la fac pour les étudiants étrangers, coupes budgétaires dans les hôpitaux… Ils accompagnent l’offensive généralisée de la bourgeoisie qui licencie à tour de bras, fait exploser les prix sans faire suivre les salaires. Le patronat nous exploite jusqu’à nous faire mourir à la tâche comme en témoigne la mort au travail de 6 jeunes de moins de 25 ans depuis janvier. 

Des ripostes existent, que les patrons et le gouvernement tentent de réduire au silence par une vague de répression qui s’abat ces dernières années sur les militants politiques comme syndicaux. La liste de travailleurs et de jeunes qui la subissent est longue : Jean-Paul Delescaut de la CGT Nord, Gaël Quirante et Yann Le Merrer de la Poste, Alex de l’entreprise Pelico… Parmi eux, 8 de nos camarades, également syndicalistes à l’UNEF sur l’université de Nanterre, sont convoqués au commissariat pour la lutte des sans-facs qu’ils et elles ont mené sur leur campus cette année ! Le NPA Jeunes Révolutionnaires se donnera les moyens de lutter contre toute poursuite. Face à cette répression généralisée, nous participons  à construire la manifestation nationale du 20 juin : “Ils ne nous empêcheront pas de lutter” ! 

La bourgeoisie justifie sa guerre sociale par la nécessité de rembourser une dette qu’elle a elle-même créée en nous faisant les poches. Les cliniques qui ferment, les suppressions de poste dans les services publics dont l’enseignement, les licenciements, ce sont des dizaines de milliards supplémentaires dans ses coffre-forts. Elle accompagne sa guerre sociale d’une exacerbation de la concurrence économique à l’internationale, dans laquelle les travailleurs n’ont rien à gagner. Et aux quatre coins de la planète, c’est la guerre tout court que l’impérialisme mène. À la destruction de Gaza et au génocide des Palestiniens s’ajoutent les bombardements et l’invasion du Liban par l’État d’Israël, tandis que les États-Unis, eux, bombardent l’Iran et affament Cuba. Le conflit en Ukraine s’enlise et les puissances impérialistes se partagent le marché de la future reconstruction du pays, sur des centaines de milliers de morts. La France soutient les attaques américaines mais joue aussi sa propre partition en Afrique et en Océanie pour conserver les intérêts des capitalistes français avec les Bouygues, Bolloré, Total Énergies, CMA CGM, Dassault, Airbus et autres géants. 

Une part de notre génération, qui a grandi avec les images de guerre en haute résolution, qui assiste en direct à la télé ou sur son téléphone à un génocide depuis 2023, a su prendre la rue ou occuper ses facs pour crier son rejet de la politique mortifère menée par les Etats impérialistes. La jeunesse a un potentiel explosif si elle s’organise dans la lutte et dans la durée. Les gouvernements, qui en sont conscients, cherchent à la mettre au pas. 

Ainsi, alors que ces tensions inter-impérialistes se multiplient, nos États voudraient faire souffler le vent patriotique et nationaliste. À grand renfort de Service Militaire Volontaire et de “classes Défense”, le gouvernement entend bien mettre au pas la jeunesse et susciter des vocations… de chair à canon ! Le militarisme et l’explosion du budget de l’armée accompagnent la montée du patriotisme économique tout court, repris du PCF au PS en passant par la prétendue “gauche de rupture” de LFI et les directions syndicales. Il n’en manque pas un pour chanter les louanges des patrons bien français et de la réindustrialisation ! Plus les capitalistes cherchent à rogner sur les conditions de vie et de travail, plus leurs politiciens utilisent toutes les armes politiques de divisions : politiques anti-immigrés, discours racistes et anti-pauvres, idées traditionalistes sur les femmes, glorification de la patrie… Leur réponse politique donc ? C’est l’extrême-droite, ses idées, ses politiques, ses partis parfois au pouvoir. Mais ce n’est pas une fatalité : pour nous, le remède est à chercher non dans les prétendus barrages républicains mais dans les luttes et dans leur extension, non dans la « gauche radicale » mais du côté du programme communiste et révolutionnaire.

À tous ces politiciens qui parlent aux “Françaises” et aux “Français”, nous opposons la lutte des classes de tous les exploités par-delà les frontières. Nous refusons de faire croire à une communauté d’intérêt entre exploiteurs et exploités, entre ceux qui n’ont que leur force de travail pour vivre et ceux qui vivent de l’exploitation des autres, entre ceux qui ont vu leur fortune doubler en dix ans et ceux qui ont perdu plus d’un quart de leurs moyens de subsistance mensuels.

Nous avons 16, 20, 24 ans, nous venons de vivre le mois de mai le plus chaud de notre vie. D’ici 2050, il pourra faire jusqu’à 50 degrés à l’ombre dans le sud de la France, une température létale pour l’être humain. C’est déjà la température de certaines villes en Inde, où les morts se comptent par centaines. Le dérèglement climatique a pour premières victimes les travailleurs et les classes populaires de toute la planète mais les responsables de ce désastre à l’échelle mondiale s’en accommodent déjà. C’est une réponse internationale, une réponse de classe, que nous cherchons à construire contre ce système et ses vassaux, leurs guerres, la misère et les oppressions. Il n’a jamais été aussi nécessaire de les renverser ; c’est là une perspective que nous devons faire vivre auprès de la jeunesse et du monde du travail.

Dans les lieux d’étude, les raisons de la colère ne manquent pas, entre l’aggravation de la sélection, les coupes de budgets, les suppressions de postes. Pendant que nous tenons notre Conférence Nationale Jeunes, le gouvernement met en application la hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers, qui nous divise et va vers la généralisation d’une hausse à l’ensemble des étudiants. Le NPA Jeunes Révolutionnaires se tient en première ligne contre cette politique et se donne les moyens dès maintenant de s’y opposer par la mobilisation dans les lieux d’études à la rentrée. Dans les luttes qui adviendront inévitablement sur les lieux d’étude, notre organisation milite partout pour la démocratie à la base dans les luttes de la jeunesse : AG, comités de mobilisation, jusqu’à des coordinations pour centraliser nationalement la lutte contre le gouvernement lorsque c’est possible.

Notre génération n’a rien à attendre du capitalisme. Si la Gen Z a fait trembler plus d’une dizaine de régimes en un an, c’est que les raisons de la colère ne manquent pas. Depuis maintenant plus d’un mois, c’est la Bolivie qui est secouée par une révolte paysanne et ouvrière qui fout une peur bleue aux classes dirigeantes d’Amérique Latine. Il ne s’agit pas seulement pour les classes populaires du pays de réclamer la démission du président Rodrigo Paz, mais d’en finir avec l’ordre social dans ce continent dominé par les États-Unis. Car pour transformer les révoltes en révolutions, pour changer de système et pas seulement de gouvernement, il faudra l’organisation des travailleuses et des travailleurs, et la construction d’un parti révolutionnaire capable de jouer un rôle. Nous nous mettons ainsi au service des luttes de la classe ouvrière pour ses intérêts. Partout où nous sommes, nous portons haut nos perspectives communistes, notre internationalisme, l’impératif de luttes contrôlées par la base. La société capitaliste est pourrie, il faut la renverser ; rapprochez-vous des révolutionnaires pour mener ce combat à nos côtés ! 

Aux élections présidentielles de 2027, nous porterons une candidature ouvrière et révolutionnaire pour faire entendre les intérêts indépendants des travailleuses et des travailleurs, donner de l’écho à celles et ceux qui luttent dès aujourd’hui, à celles et ceux qui veulent en finir avec cette société plutôt que de jouer avec ses règles. Le NPA Jeunes Révolutionnaires porte la candidature de notre camarade Selma Labib, conductrice de bus de 30 ans, en binôme avec notre camarade Gaël Quirante, postier de 50 ans en lutte pour sa réintégration et propose à toutes celles et ceux qui veulent faire vivre ces idées et s’engager dans la lutte à le faire avec nous !